CIMETIERES

 

Comme c’est étrange ma chérie, j’étais la assise et je regardais le jardin par la fenêtre, je regardais les fleurs ouvertes sous le soleil et qui peut savoir pourquoi je pense au cimetière.

Je me souviens qu’enfant j’avais peur de passer devant les grilles du cimetière du Canet non loin de la ou je vivais, surtout lorsque le soir tombait. Plus tard la peur était passée et c’était presque avec indifférence que je longeais ces mêmes grilles ou d’autres. La jeunesse est si loin des idées de mort …

Plus tard encore j’ai du accompagné des membres de ma famille que j’aimais, mes grands-parents, mes parents, et les cimetières alors prenaient une autre signification, celle de la perte d’êtres chers, de chagrin !

Mais comme je l’ai déjà dit ces morts la malgré la tristesse que je ressens toujours du reste, ne m’ont pas laissé désemparée non car elles sont survenues au bout d’une vie bien remplie.

Jusqu’à ce jour de ton départ.

Je ne vois pas avec les même yeux les portes des cimetières, elles ne me font plus peur du tout, au contraire.

 

 

 

C’est bien les fleurs du jardin qui m’ont fait penser à ce cimetière tranquille des Cadenaux la ou tu dors, les fleurs qui sont partout, toutes celles déposées sur ta tombe,  les roses, les pourpiers, les plantes … Et les glaïeuls qui vont s’ouvrir.

Lorsque j’y vais les sons me sont devenus familiers, les oiseaux en cette saison, les cigales, les bruits des pas et le bruit des graviers ! Et surtout le silence.

J’avance sur ce chemin et je vois déjà ce beau cœur rose ! J’avance et je m’aide doucement au rebord d’une tombe sans aucun manque de respect, et puis je suis devant toi ma jolie petite fille, alors comment aujourd’hui avoir peur des cimetières, non, je pourrais même y rester de nuit qu’elle importance ? Quels morts seraient cruels ? Non ceux qui me causent souffrance sont bien vivants ! La cruauté est vivante !

Je n’ai pas peur de ce cimetière ma beauté puisque hélas tu y es ! Et lorsque je ressens des angoisses, des moments de désespoirs, j’appelle mes amies pour y aller, et c’est la que je retrouve un peu de paix parce que voir cette tombe me redonne la fougue qui me manque parfois, celle d’écouter les nouvelles et d’attendre attendre toujours.

Cimetière ce mot ne raisonne plus pareil, je  veux y entendre les signes de calme de sérénité, pour toi. Et puis un jour, proche ou plus lointain je ne sais pas, je viendrai moi aussi dans ce tombeau rose tout prés de toi, tout prés tout prés … Pour toujours !

Je t’aime ma Léa !

Mamie Janine

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